GR412 - Sur les traces du charbon
Plus de 300 kilomètres de sentier de Bernissart à Blegny-Mine (Belgique) sur les anciennes terres à charbon. Des paysages composés de collines artificielles issues du passé minier belge des XIXᵉ et XXᵉ siècles.
Un itinéraire historique sur l'essor de la Belgique pendant la révolution industrielle.
Une exploration contemporaine de nos questionnements sur la préservation de la nature.

Le projet
Le GR412, aussi appelé Sentier des Terrils, traverse la Wallonie de Bernissart à Blegny-Mine.
Sur 307 kilomètres et 3 727 mètres de dénivelé positif, il relie terrils, anciens sites industriels, forêts, villages et vestiges du passé charbonnier.
Son parcours suit une histoire particulière : celle d'un territoire profondément transformé par l'exploitation minière.
Aujourd'hui, ces paysages industriels ont changé de visage. Les terrils sont devenus des lieux de promenade, des réserves de biodiversité et des points de vue sur les régions qui les entourent.
C'est cet itinéraire que j'ai choisi de parcourir en courant, sac sur le dos, sur plusieurs jours.
Pourquoi ce projet ?
Après un après-midi dans la région de Charleroi à parcourir la Boucle noire, j'ai terminé cette boucle avec plus de questionnements que de réponses.
Je ne sais pas vraiment comment qualifier ces paysages artificiels articulés autour de cathédrales industrielles.


Certains y voient de la laideur, d'autres de la beauté.
Une chose est certaine : ils m'ont fascinée.
Le passé minier de la Belgique m'interpelle. J'aimerais me remettre, à ma manière, dans les pas de ceux qui ont vécu et travaillé dans ces régions. Voir les paysages et les villages qui ont façonné leur quotidien. M'intéresser aux traces laissées par l'activité humaine.
Et, tout simplement, continuer à découvrir la Belgique.
Loin des grands espaces sauvages du Québec, ces collines artificielles bouleversent ma conception de la nature. Elles posent des questions qui m'accompagnent tout au long de ce projet : existe-t-il plusieurs natures ? Et qu'est-ce qui fait qu'une nature ou un paysage nous interpelle davantage qu'un autre ?
Mon approche
J'ai décidé de parcourir ce GR atypique avec mon sac sur le dos, en courant et en dormant dans ma tente.
Mon objectif est d'utiliser le GR412 comme un laboratoire à ciel ouvert, pour expérimenter et mieux comprendre la pratique du trail en itinérance.
Courir
Avancer en courant lorsque le terrain le permet, marcher lorsque c'est plus pertinent et surtout apprendre à gérer mon effort sur plusieurs jours.
Voyager léger
Transporter l'essentiel pour rester autonome tout en conservant la possibilité de courir avec mon sac.
Les ravitaillements font partie intégrante de cette approche : les anticiper pour ne transporter que le nécessaire entre deux points de ravitaillement.
Dormir en chemin
Privilégier la tente autant que possible.
Mais l'itinérance impose parfois de s'adapter : si le bivouac n'est pas compatible avec une étape, j'intègre une solution alternative.
Prendre le temps
Le GR412 est aussi une manière de découvrir un territoire où se mêlent nature, paysages façonnés par l'homme et patrimoine industriel.
Je veux prendre le temps de m'arrêter sur certains lieux emblématiques du parcours : le Grand-Hornu, le Bois-du-Luc, le Bois du Cazier ou encore Blegny-Mine.
Pas seulement pour les traverser en courant, mais pour comprendre ce qu'ils racontent de la révolution industrielle en Belgique.
Et parce qu'un projet se vit aussi en dehors du sentier, j'en profite pour découvrir Germinal de Zola, autre regard sur le monde minier et industriel qui a façonné ces paysages.
Trouver le temps
Une aventure de plusieurs jours doit aussi trouver sa place dans la vie quotidienne.
Pour ne pas trop empiéter sur ma vie de famille, j'ai choisi de parcourir le GR412 en deux temps.
Le projet s'étend donc sur plusieurs années, avec l'idée de prendre le temps de le construire autant que de le parcourir.
L'avancement du projet
Septembre 2024 — Première tentative
Partie 1 : 18 au 20 septembre 2024 -> DNF 🤕
Première tentative sur le GR412.
Le projet s'est arrêté après la première journée. Pour cause, des blessures et des étapes trop ambitieuses.
Avril 2026 — Première partie réalisée
Partie 1 : 22 au 25 avril 2026 -> Finisher
Une première partie réalisée entre Hornu et Flawinne, avec une interruption volontaire entre Couillet et Tamines. Ce tronçon n'a pas été parcouru lors de cette première partie et reste au programme de mes entraînements pour la suite du projet.
Avril 2027 — La suite
Partie 2 : Avril 2027.
Objectif : poursuivre le GR412 depuis Flawinne jusqu'à Belgny-Mine
GR412 - Partie 1
Avril 2026 · 4 jours
La première partie du projet m'a menée de Hornu à Flawinne.
Quatre journées de trail en itinérance, entre terrils, zones industrielles, chemins forestiers et paysages urbains.
Le parcours comporte toutefois une interruption volontaire entre Couillet et Tamines. J'ai rejoint mon lieu de bivouac en train et ce tronçon n'a pas été parcouru.
Les étapes
Bernissart -> Hornu (Septembre 2024)
Appelons-la l'étape 0.
Une première tentative où je suis partie la fleur au fusil en pensant pouvoir compléter cette première partie en enchaînant des étapes de 60 kilomètres grâce à l'entrainement accumulé cette année-là.
Téléphone cassé, genou enflé, douleur au pied et une nuit improvisée à St-Ghislain, l'aventure s'est arrêtée après une journée.
👉 Lire le récit de cette premère tentative
Hornu -> Boussoit
Boussoit -> Anderlues
Anderlues -> Couillet
Une parenthèse entre Couillet et Tamines
Pour rejoindre mon lieu de bivouac, j'ai pris le train entre Couillet et Tamines.
Ce tronçon ne fait donc pas partie des kilomètres parcourus lors de cette première partie du projet.
Il reste à parcourir.
Tamines - Flawinne
Ce que je retiens
Cette première partie n’est pas la conclusion du projet, mais elle m’a déjà permis de confronter l’idée que je me faisais d’un trail en itinérance à la réalité du terrain.
Côté planif. Dans l’ensemble, le roadbook a tenu la route. En revanche, j’ai sous-estimé le temps nécessaire pour lever le camp le matin et me remettre en route. Ça m'a sans doute coûté ma barrière horaire au Bois du Cazier.
Côté matos. J’ai voulu pousser au maximum l’utilisation de mon sac de couchage ultraléger, mais cela m’a fait geler pendant mes nuits de bivouac. Petit ajustement à faire à ce niveau.
Côté entraînement et stratégie de course. Les enchaînements en fin de programme d’entraînement m’ont un peu desservie, faisant apparaître les signes précurseurs d’un syndrome de l’essuie-glace. L’allure de course a donc dû être revue à la baisse, tout comme le poids porté, afin de m’assurer de pouvoir aller au bout des quatre jours.
Autour du projet
Cette aventure est aussi l'occasion de partager les questions et les choix qui accompagnent la préparation d'un trail en itinérance.
D'autres articles viendront compléter cette page au fil de l'avancement du projet.