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Comment trouver du temps pour partir en itinérance ?

Dernière mise à jour : 28 févr.

J'ouvre les yeux sur un plafond blanc. Remplie d'espoir, je m'assois sur le bord du lit. Mon regard glisse vers mon genou gauche, enflé. Je me lève. Une douleur envahit mon pied droit. Mon dos est courbaturé. Je m'étire.


Quand je cherchais du temps pour partir sur le GR412, je n'avais pas imaginé que ça se passerait comme ça.


Mais, ce n'est pas tellement le résultat qui est intéressant. C'est plutôt le processus pour trouver le temps de partir en itinérance.


Matériel emporté sur le GR 412, Sentier des terrils

En rejoignant la cuisine, la vaisselle dans l'évier me rappelle mon souper d'hier.


Taboulé de petits légumes et de poulet, crumble framboise lyophilisés arrosés, d'un bouillon de poulet Naak.


Un vrai repas de bivouac.


Pourtant, je suis debout, en tenue de sport, au milieu d’un appartement à Saint-Ghislain. Mon sac de trail gît sur le sol du salon.


Hier soir, quand j'ai appelé mes proches, ils s'attendaient à me voir dans ma tente avec ma frontale sur la tête. Imaginer leur étonnement quand je suis apparue en peignoir avec une serviette sur la tête.


Avant de me retrouver là, je me sentais prise dans une routine. J'avais toujours un truc à faire.


Alors concrètement, comment ai-je trouvé du temps pour partir sur le GR412 ?


Voici 6 essentiels qui m'ont permis de trouver du temps pour partir en itinérance. Ils vous permettront, je l'espère, de trouver du temps pour votre projet en itinérance.


  1. Clarifier les raisons de prendre du temps pour vous

Femme habillée en noir, courant dans les bois et la boue sous le soleil

Après 7 ans d'expatriation en Belgique, je me suis posée la question : Et si tu devais rentrer demain ?


Pour moi, ce fut le déclic.


J'avais perdu ce réflexe de partir à la découverte du monde qui m'entoure. Mais pas que. J'étais bien dans mon quotidien.


Je pratiquais le trail.


Je m'étais rendu compte que ce qui m'animait quand je m'inscrivais à une course, c'était d'en apprendre sur l'histoire du village ou de la région où elle se déroulait.


Mais, une fois au départ de la course, j'enfilais les kilomètres et après quelques heures, c'était fini.


Le défi sportif ne me suffisait plus.


J'avais envie de casser ma routine, de sortir de ma zone de confort et de me retrouver plus souvent en nature.


Ça faisait un moment que j'avais cet envi de prendre du temps pour moi. Mais, j'avais laissé couler. Je n'avais pas pris le temps de questionner ce besoin.


Prenez un moment de réflexion pour clarifier les raisons pour lesquelles vous voulez prendre du temps pour vous. Cela semble futile, mais vous verrez par la suite. Lorsque vous bloquerez votre créneau, il y aura toujours un moment de doute.


Des réflexions qui vous viendront en tête et qui remettront en question la légitimité de prendre du temps pour vous.


Cette première étape vous permettra de lever ces doutes. De prendre conscience de votre besoin.


  1. Identifier comment utiliser ce temps

Doigt pointant l'itinéraire du GR412, Sentier des terrils

Je ne me suis pas rendue à Grand-Hornu. Je n'ai pas validé l'étape 1 de mon premier trail en itinérance.


J'ai fait 42 kilomètres sur les 186 de prévu.


Aujourd'hui, j'aurais dû me réveiller dans ma tente, enfiler mes runnings et reprendre mon chemin sur le GR412.


Au lieu, j'enfile mes chaussures de course. Ce sont les seules que j'aie. J'ouvre la porte pour aller chercher mon petit déjeuner. Je suis au troisième étage. L'escalier en face de moi, me fait sourire. Je m'accroche à la rampe. Je descends du mieux que je peux. Mes jambes sont raides.


La dernière fois que j'avais eu cette sensation, c'était à la fin du Marathon pour tous. Nous faisions la file pour descendre les escaliers du métro avec la rampe !


En déjeunant, je me remémore mon après-midi sur la Boucle noire au printemps dernier.


C'est pour cela que je suis sur le GR412.


Première couverture du topo-guide GR 412, Sentier des Terrils

Les paysages industriels de Charleroi m'avaient marqué. Les terrils et leur biodiversité, aussi paradoxal que cela puisse paraître, sont devenus des zones protégées. Des endroits où l'on vient se ressourcer en nature, seul, en famille ou avec des amis.


En parcourant le site des GR belges, j'avais croisé le topo guide du Sentier des terrils. Un GR qui traverse la Belgique dans sa largeur sur les traces des anciens sites miniers.


Mon choix était fait. J'avais trouvé comment utiliser ce temps pour moi.


Je parcourrai le GR412 et ses 307 kilomètres en courant. Je partirai avec un sac de 5 kilos sur le dos et je dormirai dans ma tente.


J'avais tout à apprendre sur le trail en itinérance. Mais à ce stade, ce n'était qu'un détail.


Précédemment, vous avez identifié pourquoi vous vouliez prendre du temps pour vous.

Une fois votre pourquoi trouvé, encore faut-il déterminer comment vous voulez utiliser ce temps.


Quelles activités vous donnent de l'énergie ? Qu'est-ce qui vous procurerait du plaisir ? Du bonheur ?


Peut-être que vous avez une bucket list dans laquelle vous avez déjà listé vos envies. C'est le moment de vous y plonger. De revoir ce que vous aviez mis de côté pour un jour peut-être partir en itinérance.


Lorsque vous saurez comment vous allez utiliser ce temps, vous verrez que trouver du temps sera plus facile. Aussi étrange que cela puisse paraître.


  1. Planifier du temps pour partir en itinérance

Terril sur le GR412, Sentier des terrils

J'avais pris la décision de parcourir ce GR en deux temps. La partie Est en septembre 2024 et la partie Ouest en 2025.


Avec beaucoup d'optimisme, j'avais prévu de faire la première partie en 3 jours.


  • Étape 1 : Bernissart - Ciply (59km, 400m D+)

  • Étape 2 : Ciply - Mont-sur-Marchienne (69km, 590m D+)

  • Étape 3 : Mont-sur-Marchienne - Flawinne (63km, 770m D+)


Oui, j'étais très optimiste ou déconnectée de la réalité terrain.


Non seulement, j'allais réaliser mon premier trail en itinérance, mais aussi, mon premier ultra. Trois jours de suite ! Et comme si ce n'était pas assez difficile, avec un sac de 5 kilos sur le dos.


Le simple fait de courir lesté nécessite un entraînement spécifique pour permettre au corps de se préparer.


Je voulais dormir dans ma tente. C'était quelque chose d'important pour moi.

Sac de trail en itinérance appuyé sur une roche le long d'un sentier de terre

Mais, en Belgique, le bivouac sauvage n'est pas permis. C'est-à-dire que vous ne pouvez pas poser votre tente où bon vous semble. Il faut respecter les aires de bivouacs.


A priori, bivouaquer sur le GR412 est impossible. Il n'y a pas d'aires de bivouac.


En creusant un peu, j'ai découvert Welcome To My Garden. C'est grâce à ce collectif que je pourrais dormir dans ma tente le long du GR412.


Encore une fois, avec le recul, dormir dans ma tente ne me semble pas la solution la plus optimisée pour un premier trail en itinérance.


Enfiler les kilomètres plusieurs jours de suite demande de bien récupérer. Une douche et un lit confortable me semblent plus appropriés.


Mais, j'avais envie de rusticité ! Sortir de mon confort quotidien.


Parcourir le GR412 de cette manière m'emballait. Mais comment faire avec le boulot et la vie de famille ?


En semaine, je travaille. Le soir, c'est le temps en famille, la routine du souper et du coucher. Le week-end, les tâches ménagères et le temps en famille.

Difficile de voir où placer 3 jours pour un trail en itinérance.


Puis, un jour, une phrase a fait tilt.


Vous ne trouverez jamais de temps pour quoi que ce soit. Si vous voulez du temps, vous devez le créer. Charles Buxton

Quand on a la tête dans le guidon, il arrive parfois d'oublier qu'il y a d'autres manières de faire les choses.


J'ai donc décidé de bloquer un créneau. De poser trois jours de congé, en septembre, en pleine semaine.


Je l'ai noté dans mon agenda. Mercredi, jeudi et vendredi.


Je n'avais pas ces jours de congés.


Autrement dit, j'avais décidé que ces jours-là, je partais sur le GR412 sans avoir le temps pour le faire.


Vous ne vous rendez peut-être pas compte maintenant de l'impact que cela a. Mais il s'agit de revoir vos priorités.


Point de vue depuis le sommet du terril

En faisant cela, j'étais en train de dire que, pendant ces trois jours, je donnais la priorité au fait de prendre du temps pour moi plutôt que d'aller travailler.


Pour réaliser le GR412 en itinérance, il me fallait anticiper. Prévenir mon entourage et m'organiser pour y arriver.


En bloquant un créneau dans votre agenda, vous prenez rendez-vous avec vous. Cette troisième étape vous permet de passer de votre envie à la concrétisation de prendre du temps pour vous.


Une fois la date fixée, vous pourrez dérouler votre plan d'action.


  1. Créer des habitudes

Préparer un trail en itinérance, c'est un projet en soi. Il faut penser à la logistique. Il faut préparer ses étapes. Il faut se préparer physiquement.


Comme le rendez-vous est fixé, le plus facile pour moi a été d'utiliser un rétro planning. C'est-à-dire, de me construire un plan d'action en partant de la date à laquelle je prendrais le départ depuis Bernissart.


J'ai listé les objectifs intermédiaires et les dates auxquelles je voulais qu'ils soient atteints.


Par exemple : préparer mon roadbook, réserver mes lieux de bivouac, acheter mon matériel...



Puis, j'ai découpé chaque objectif intermédiaire en petites tâches.


Par exemple, pour le roadbook : réviser le tracé, planifier les étapes, regarder les lieux de bivouacs et de ravitaillements...


Et pour réaliser chaque petite tâche, je me suis bloquée des moments à moi régulièrement.


3 fois par semaine, le midi

Femme courant avec un sac sur le dos sur un sentier de terre

J'ai profité de mes pauses dîner pour m'entraîner. Cet aspect, je l'ai un peu mis de côté pour me lancer sur le GR412.


Je tablais sur l'entraînement réalisé depuis le début de l'année.


Et je n'ai pas pris en compte l'impact que ça a de courir avec un sac de 5 kilos sur le dos.


Au lendemain de ma première journée, je décide de rentrer. Je prends la direction de la gare. Je traverse la place désertée de Saint-Ghislain en clopinant. Je ressens de la douleur au genou. Je suis contente de ma décision. Je n'aurais eu aucun plaisir à poursuivre vers Ciply.


Je profite du soleil sur le quai de la gare en attendant le train. Il annonçait 3 jours de beau temps. Ce n'est pas rien. Surtout pour la Belgique ! Un temps parfait pour parcourir la partie Est du GR412.


Je pense qu'en laissant passer un peu de temps, je pourrai revenir sur le GR412 en novembre.


J'embarque dans le train qui me ramènera à Bruxelles.


Résultat des courses, je me suis arrêtée à cause de mon genou gauche et j'ai commencé mes séances de kiné à cause de mon pied droit. Une fascite plantaire.


En reprenant l'entraînement, le pied, ça allait.


Mais, en ajoutant un peu de dénivelé négatif, le genou gauche est revenu à la charge. Un syndrome de l'essuie-glace. Puis, novembre est passé.

Se lever plus tôt

Machine à feu de Bernissart, au départ du GR 412

Il fallait que j'accumule mes heures au bureau pour pouvoir glaner trois jours de congé.


Ce n'était pas gagné.


En début d'année, je voulais cumuler une demi-journée par mois.


J'y étais arrivée le premier mois, c'était la fois où j'avais parcouru la Boucle noire. Mais les mois suivants, faute de savoir ce que je ferais de cette demi-journée concrètement. Ce fut un flop ! La motivation n'y était pas.


Lorsque j'ai pris le départ à 7 heures du matin depuis Bernissart, j'étais contente d'être là.


Je voyais les gens se mettre en route pour leur journée de travail. J'allais à contre-courant, un mercredi en pleine semaine. J'avais réussi à casser ma routine. À trouver du temps pour partir en itinérance sur le GR412.


En sachant comment j'allais utiliser ce temps, j'avais fini par le trouver. Les premières fois, je m'étais motivée pour aller plus tôt au bureau. Puis, c'est devenu une habitude.


Un après-midi par semaine

Marais d'Harchies

Pour pouvoir avancer sur la logistique de ce projet, je m'étais fixée des moments pour y travailler.


Pendant la sieste du dimanche après-midi de ma fille, ma liste de tâches pour le GR412 devenait des mini-missions à réaliser. J'avais environ 2 heures devant moi pour les réaliser et préparer celles de la sieste suivante.


Je me suis rendue compte qu'en sachant à l'avance ce que je devais faire pour avancer, j'étais plus motivée. C'était plus facile de trouver du temps pour faire avancer mon projet sur le GR412.


J'avais un super roadbook. J'avais détaillé mes étapes, les villes et villages où je pourrais me ravitailler. Les adresses de mes jardins pour bivouaquer et les numéros de téléphone en cas d'urgence.  


Il était vraiment bien. Dans la mesure où tout se passait bien !


Je me suis rendue compte que je n'avais pas mis le focus sur les possibilités de replis.


Par exemple : les gares où il me serait possible de prendre un train si je ne pouvais plus continuer. Les hébergements, si je n'étais pas en mesure de compléter mon étape.


Puits de Sauwartan, sur le GR412

Il y a bien sûr une part d'improvisation dans tout cela.


J'avais échappé mon téléphone en fin de journée. En tombant, l'écran s'est cassé. Pas très pratique pour se repérer. Ni pour se trouver un endroit où dormir.


Petit coup de stress sur le moment. Je croyais que mon GSM était mort. Mais il fonctionnait toujours.


A travers les éclats de vitre sur l'écran, j'ai pu me trouver un petit appart disponible en last minute avec arrivée tardive.


Une fois que vous aurez une idée des actions à réaliser pour préparer votre projet en itinérance, il ne vous restera plus qu'à agir.


Le plus facile, c'est de vous créer des routines. Les premières fois, il vous faudra une petite dose de motivation. Une fois que vous serez lancé, cela vous permettra de diminuer la fatigue décisionnelle.


Les habitudes vous évitent de réfléchir chaque semaine au moment où vous allez placer vos entraînements. Elles vous évitent d'être continuellement en train de négocier sur ce que vous allez faire de votre temps pendant la journée. Par exemple, en sachant que le lundi midi, vous vous entraînez, vous savez que votre séance sera faite à ce moment.


Au début, les routines peuvent sembler difficiles à mettre en place. Laissez-vous un peu de temps pour vous y habituer.


  1. Saisir toutes les occasions

Sentier de terre sous la canopée des arbres ensoleillée

Lorsque je me suis décidée à faire ce trail en itinérance, mon mindset a changé. Il est passé de, je n'ai pas le temps pour ça à je peux faire ça à ce moment. Je me suis mise à voir mon temps autrement.


Il y a des moments dans votre journée plus difficiles à négocier, mais il y en a d'autres qui peuvent être abordés différemment.

À plusieurs reprises, je ne voyais pas où trouver le temps pour avancer sur mon trail en itinérance. Mais, je me suis rendu compte que 5 minutes par-ci et 5 minutes par là, me permettait de faire avancer mon projet à petit pas.


Le soir, pour me mettre dans l'ambiance du GR412, je lisais Germinal d'Emile Zola.


Dans les transports, j'analysais les sacs de trail qui m'intéressaient. Je listais le matériel nécessaire en limitant le poids. Je glanais toutes les informations nécessaires pour mon roadbook.


Sacs de compression, intérieur de sac de trail pour le GR412

Travailler régulièrement à la préparation votre trail en itinérance permet de garder un momentum. De rester motivé. Profitez de toutes les occasions pour faire avancer votre projet, permet de vous y remettre plus facilement.


Lorsque vous laissez trop de temps passé, il faut chaque fois vous remettre dans le bain.

Repenser où vous vous étiez arrêté, au mindset dans lequel vous étiez. Et ensuite, vous remettre à travailler sur votre projet.


Certaines choses sur votre liste vous demanderont plus de cinq minutes. Elles vous demanderont de vous poser. De vous installer et de vous concentrer. Rassemblez-les. Prenez cinq minutes pour fixer un moment pour les réaliser.


  1. Ecouter vous

Point de vue d'un terril

La journée d'hier a créé une parenthèse dans mon quotidien. C'était ce que je recherchais. Casser la routine. Casser la temporalité des jours qui se succèdent et se ressemblent.


Je n'ai pas choisi le GR412 par hasard.


C'est un GR qui est près de chez-moi. Qui a peu de dénivelé et qui est peu technique.


Pour débuter et apprendre sur le trail en itinérance, ce sentier me convenait. Une météo et un terrain de jeu familiers. Peu de temps de transport à prévoir pour me rendre sur place.


Malgré mon début chaotique sur le GR412, je sais que je vais y retourner. Je ne ferai pas les choses de la même manière. J'irai progressivement. Je m'écouterai. Et si ça implique de prendre plus de temps ou de réduire les distances des étapes, ce sera comme ça.


Je sais que je peux trouver du temps pour partir en itinérance.


Savoir quand prendre du temps pour vous passe par le fait de vous écouter. Une fois que vous vous serez entendu, il faut planifier ce qui vous fait envie.


À vous de jouer

Prenez un moment pour revoir ces 6 essentiels et planifiez du temps pour votre prochaine itinérance.

  1. Clarifier les raisons pour lesquelles vous voulez prendre du temps pour vous

  2. Identifier comment vous voulez utiliser ce temps

  3. Planifier ce temps, bloquer votre créneau

  4. Créer des habitudes pour vous faire gagner du temps

  5. Saisir toutes les occasions

  6. Ecouter vous


Quel que soit l'endroit où vous habitez, vous pouvez trouver de parcours pour partir en itinérance.


Commencez petit, mais testez !


Quelle est la première chose que vous allez faire pour trouver du temps pour vous ?







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